Développez votre autorité avec éthique

 

Quel est mon style d'autorité ?

En entreprise, le mot autorité est souvent associé au patron, au chef, au boss, au manager, au directeur…en bref, il est associé à la notion de responsabilité. Or, avec l’évolution du management et la popularisation de l’entreprise libérée, les chefs évoluent et ils partagent leur responsabilité (et leur pouvoir) avec les collaborateurs. Le statut social est bousculé et les démonstrations d’autorité sont plus ou moins affirmées.

pouvoir

Le terrain de jeu de l’autorité en entreprise peut être :

- celui du pouvoir de décider, en imposant ses décisions aux autres par exemple,

- celui du sentiment de légitimité, en exerçant son autorité de manière plus ou moins puissante,

- ou encore, celui de l’autorité personnelle, quel que soit son niveau de responsabilité.

La manière dont vous regardez les autres, « le monde » et vous-même influence votre autorité : c’est ainsi que vos expériences ont façonnée votre autorité.

Sauriez-vous mettre une « étiquette » sur votre autorité ? Est-ce une autorité reconnue - par votre environnement professionnel - ? Est-ce une autorité discrète ? caractérielle ? puissante ? modeste ? etc… Je vous invite à définir votre autorité : ça vous permettra de la situer aujourd’hui, pour la faire évoluer demain (si vous le souhaitez !). Si vous n’avez pas d’idée, interrogez des personnes de confiance et demandez leur…

La légitimité s’acquiert

Je regarde la légitimité telle un diamant que l’on taille au fur et à mesure du temps.

diamantVoici des exemples très différents :

La technicité d’un tourneur fraiseur s’acquiert au fur et à mesure de son apprentissage, de son expérience, de la répétition de ses gestes. Il se sentira de plus en plus légitime au fil du temps : son autorité sera alors une autorité dite "de compétence". Cette compétence peut être reconnue par ses pairs et sa hiérarchie, qui à leur tour, le trouveront légitime. Pour autant, il peut y avoir un collègue qui ne le trouve ABSOLUMENT pas compétent…Auquel cas, sa légitimité peut-être être mise à mal par ce collègue, dès lors qu’il exerce un pouvoir d’influence pour discréditer ce dit tourneur-fraiseur…

La technicité d’un manager s’acquiert aussi au fur et à mesure de sa formation initiale ou continue, de son expérience, et des risques qu’il a pris. Selon la manière dont il vivra la prise de risque, il se sentira plus ou moins légitime. De quelle manière me direz-vous ?! Ce manager a peu l’habitude de réunir son équipe, et décide, suite à une formation, de les réunir plus souvent. A la première réunion, l’équipe est agitée, elle parle beaucoup, râle un peu… D’ailleurs, elle ne comprend pas vraiment pourquoi ils sont réunis maintenant, alors « qu’avant » ce n’était pas le cas, etc… Le manager a deux options :

- vivre cette réunion comme un échec, ce qui peut faire baisser l’estime de soi et affaiblir le sentiment de légitimité à être manager

- vivre cette réunion comme une réussite, ce qui peut augmenter l’estime de soi et renforcer son sentiment de légitimité à être manager.

Et vous, comment réfléchissez-vous au sujet de la légitimé ?

- Pour vous : Dans quelles situations professionnelles vous sentez-vous légitime et pourquoi ? Et dans quelles situations professionnelles ne vous sentez-vous pas légitime et pourquoi ? 

- En regardant l’autre, les autres : pourquoi les trouvez-vous légitimes ou non ? que ce soit l’expert, le manager, le collègue, etc

- Quand ils vous regardent : que vous dites vous (sur votre légitimité) quand votre parole est remise en cause, quand l’autre vous dit « oui-oui », quand l’autre fait la moue et ne dit rien, etc…

Le pouvoir : un remède à la peur ?

Le pouvoir, c’est la « capacité à » et c’est aussi avoir l’ascendant sur quelqu’un ou quelque chose. « Le pouvoir qui nous est conféré », dit-on dans certaines institutions, est porté par le responsable en question. Le tourneur fraiseur, cité en début d’article, a la responsabilité de façonner des pièces fidèles au cahier des charges demandé. Et le manager a la responsabilité d’amener son équipe vers un résultat satisfaisant et durable compte tenu de la mission confiée par l’organisation. Ces deux individus ont un pouvoir qu’ils vont exercer selon leur personnalité. Le premier, Nicolas, peut définir son autorité comme discrète. Quand il obtient le cahier des charges de la pièce, il le lit et l’accepte, car le plan fourni lui semble suffisamment clair. Quant au manager, Franck, il peut définir son autorité comme « caractérielle ». Quand l’une des personnes de son équipe n’est pas d’accord avec lui, le ton monte, il n’accepte pas d’avoir « tort », le ton monte encore plus, et c'est l'escalade... Puis il crie un bon coup et finit par faire taire ! Dans les deux cas, je pense que le pouvoir est un remède à la peur. Nicolas, le technicien, semble avoir compris le plan, mais il n’est pas sur et n’ose pas demander. La peur de demander, la peur de passer pour qui ? la peur de passer pour "quoi" ?, la peur de déranger, etc. Quant à Franck, le manager, la peur de perdre sa puissance de chef l’empêche d’exercer un pouvoir éthique.

 

Un pouvoir éthique c’est quoi ?

De mon point de vue, c’est un pouvoir qui est bon soi et pour l’autre. J’ai en tête un cas récent : la loi travail avec l’article 49.3. Certains diront qu’il s’agit d’abus de pouvoir, certains diront que le gouvernement en avait le droit ! Alors, quelque soit votre place dans l’entreprise, comment voulez-vous exercer votre autorité ?

- Des pistes pour soi : Quelle valeurs personnelles ai-je envie de mettre au service de mon autorité ? intégrité, partage, ouverture, etc… Y-a-t-il un décalage entre mes valeurs et mes actes ? Quelle est mon intention quand j’exerce mon autorité ? Suis-je conscient que j’ai une intention de gagner et de faire perdre ? Suis-je conscient que je joue à l’autre mettre à terre ? Suis-je conscient qu’il y a un déséquilibre dans la relation ?

- Des pistes pour les autres : voir à « des pistes pour soi » ☺ car vous pourrez faire changer l’autre si vous changez votre manière d’être et de faire. Ou faites appel à un coach (moi par exemple)

Conclusion

L'éthique est si personnelle que le sujet de l'autorité et du pouvoir est un débat à part entière. Le leader, qu'il ait ou non la responsabilité d'une équipe, a réfléchi aux limites de son pouvoir. Il a réfléchi aux abus de pouvoirs auxquels il a été confronté, il a réfléchi aux abus de pouvoir qu'il pourrait rencontrer en présence d'un chef au dessus, d'un chef en dessous, d'un collaborateur, d'un expert métier, d'un collègue.

Pour mieux comprendre d'où proviennent les abus de pouvoir, je nommerai la part de toute puissance qui habite chacun d’entre nous, je nommerai les « pouvoirs magiques » que l’on s’attribue sans le savoir... Développer son autorité avec éthique c'est :

- connaître son autorité naturelle : « mon autorité est naturellement directive »

- mesurer son niveau de légitimité : « je me sens légitime à 7 sur une échelle de 1 à 10 »

- reconnaître les différentes autorités : hiérarchique, technique, personnelle, etc

- reconnaître les différents pouvoirs : le statut, la compétence, la fonction, etc

- accepter la remise en question de ses « principes » : « ce n'est pas à mon âge que je vais changer », « c'est moi le chef et tu exécutes », « tu as tort, j’ai raison »

- réfléchir à ses valeurs personnelles : intégrité, honnêteté, transparencen, protection, etc

- comparer ses intentions et ses actions ! et obersver les éventuels décalages...

Pour étudier votre demande de coaching ou de formation, vous pouvez me contacter au 06 35 22 16 87.

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